Retour sur notre réunion publique à La Grange

Mardi 3 mars 2026 – Salle de La Grange, Lucinges

Mardi soir, l’équipe Lucinges Autrement vous a donné rendez-vous à la salle de La Grange pour sa première réunion publique depuis 2014. Celle de 2020 ayant été annulée en raison du Covid, c’était l’occasion de se retrouver, de présenter notre équipe et de détailler notre programme pour les six prochaines années.

Merci à Pierre Gerbaz d’avoir mis la salle à disposition et à l’association Les 100 ciels d’avoir décalé sa répétition pour nous laisser la place. Et merci surtout à vous, Lucingeoises et Lucingeois, d’être venus si nombreux.

Voici un résumé de cette soirée.

Didier Simoneau : « 100 % de mon temps pour la commune »

Didier Simoneau, tête de liste, a ouvert la soirée en se présentant. À 67 ans, retraité depuis le 31 janvier, il souhaite désormais consacrer la totalité de son temps à la commune. Arrivé à Lucinges dans les années 1970 (le village comptait alors 500 habitants), il y vit depuis 55 ans. Ses 4 enfants et 4 petits-enfants sont tous passés par l’école de Lucinges.

Fort de 12 ans dans l’opposition municipale et de 37 ans de carrière dans le groupe NRJ (radios NRJ et Nostalgie), où il a encadré jusqu’à 40 personnes, Didier estime avoir l’expérience nécessaire pour piloter l’équipe municipale.

19 colistiers se présentent

Sous le slogan « L’expérience au service de la jeunesse, la jeunesse au service de Lucinges », chaque colistier a pris la parole pour expliquer son parcours et ses motivations. Moyenne d’âge : 44 ans. L’équipe compte 10 parents d’élèves, 4 anciens conseillers de l’opposition et 2 anciens conseillers municipaux.

  • Alexandre Desmullier, 45 ans, infirmier en onco-hématologie, installé depuis 12 ans sur le Plat de Possy. Ancien président du Sou des Écoles (aujourd’hui Les Enfants de Lucinges). Engagé pour la transmission et le respect de l’environnement.
  • Barbara Lemmo Gaud, 55 ans, auto-entrepreneur, quartier du Feu. Ancienne conseillère municipale au CCAS en 2008. Convaincue que Lucinges Autrement est la liste la plus à même de concrétiser des projets favorisant le plaisir de vivre au village.
  • Bertrand Charrière, 35 ans, agriculteur et conducteur d’engins, quartier de Cortenaz. Natif du village, il souhaite s’investir pour l’environnement, les travaux et la sécurité routière.
  • Caroline Gauthier, 43 ans, ingénieure agronome, quartier du Feu. Nouvelle habitante, tombée sous le charme du cadre de vie de Lucinges. Attentive aux services aux familles et à l’installation d’un cabinet médical.
  • Christelle Mascagni, 50 ans, animatrice socioculturelle. Engagée depuis 12 ans au CCAS, conseillère municipale depuis 2020. Déterminée à maintenir le lien social avec les aînés et les plus jeunes.
  • David Marit, 37 ans, entrepreneur, quartier de Trébilly. Habitant depuis 8 ans, séduit par le dynamisme du village et la richesse de sa vie associative. Rejoint la liste pour ses valeurs.
  • Fanny Bollon, 30 ans, créatrice de contenu, quartier de la Follieuse. Installée depuis 10 ans, maman d’un petit garçon à l’école, représentante des parents d’élèves. Souhaite accompagner la jeunesse.
  • France Le Guern, 44 ans, cheffe de projet informatique, quartier de Ducry. Lucingeoise depuis 1987. Ancienne secrétaire de L’Escale et du Comité des Fêtes, ancienne représentante des parents d’élèves, ancienne adjointe au maire en 2014 auprès de M. Soulat pendant près de 2 ans. A rejoint l’opposition en 2020 par conviction. « Didier écoute ses colistiers, et pour moi c’était vraiment très important. »
  • Gabriel Flon, 35 ans, entrepreneur BTP (déconstruction et désamiantage). Trois enfants en bas âge à l’école et à la crèche de Lucinges. Souhaite dynamiser la vie locale.
  • Ian Seitz, 30 ans, responsable qualité. Excusé pour raison professionnelle (chantier à Neuchâtel). Nouvel habitant, il a apporté un regard neuf lors des réunions de préparation du programme.
  • Jade Faija, 30 ans, greffière, route de Milly. Originaire de Cranves-Sales, attachée au contact humain et au service public. Souhaite s’investir pour préserver la commune.
  • Karl Morel, 37 ans, paysagiste, père de deux enfants. Bénévole aux Enfants de Lucinges. Originaire d’un village de 500 habitants, il retrouve dans les valeurs de Didier l’esprit de son enfance.
  • Loïc Chevrot, 32 ans, entrepreneur automobile. Né à Lucinges, vit depuis toujours dans la maison familiale à la Follieuse. Papa d’un petit garçon en maternelle. Déjà présent aux côtés de Didier en 2014, il renouvelle sa confiance.
  • Mathilde Aubeuf, 37 ans, détective privé. Installée depuis 2018, mère de deux enfants scolarisés à Lucinges. S’engage pour préserver la tranquillité de la commune.
  • Matthieu Sarton, 60 ans, directeur marketing dans un groupe de distribution de matériel électrique. Conseiller municipal sortant, propriétaire forestier. Ses trois maximes : « On a droit à l’erreur », « Il faut se faire plaisir » et « Je crois au Père Noël » – autrement dit, croire que les choses sont possibles quand on s’en donne les moyens. Pour lui, cette équipe est « la plus jeune et la plus talentueuse » qu’il ait connue.
  • Robert Aubin, 57 ans, manager dans le transport routier, installé depuis 25 ans dans la montée de Lucinges. Ses valeurs : la sécurité et la famille.
  • Sylvie Richard, 44 ans, aide-soignante, quartier du Plat de Possy. À l’écoute, attentive, disponible – elle souhaite mettre ces qualités professionnelles au service des habitants.
  • Viviane Mouchet, 61 ans, architecte d’intérieure. Conseillère municipale depuis 12 ans (deux mandats). A participé à la modification du PLU en 2019. S’engage pour une troisième fois afin de transmettre son expérience aux plus jeunes de l’équipe, notamment sur les sujets d’urbanisme et de construction.

Le programme en détail

Sécurité et éclairage public

La sécurité est la préoccupation numéro un remontée par les habitants. Notre projet principal : moderniser l’éclairage public en passant à la technologie LED (relamping) pour réduire la consommation d’énergie et sécuriser les voiries. Des solutions solaires sont aussi envisagées pour éclairer les zones non desservies.

Valentin, consultant spécialisé dans la maintenance de l’éclairage à l’agglomération et natif de Lucinges, nous accompagne sur ce volet technique.

Vidéosurveillance à l’Agora

Face aux incivilités signalées sur le parking de l’Agora (pneus crevés, dégradations, comportements suspects), nous proposons l’installation d’une caméra de vidéoprotection à vocation dissuasive. Alexandre Desmullier a rappelé l’esprit du dispositif : il ne s’agit pas de surveiller les habitants, mais de prévenir les incivilités et de protéger un espace public fréquenté par les familles.

Le dispositif sera mis en place dans le strict respect du cadre légal. L’installation de caméras sur la voie publique nécessite une autorisation préfectorale, délivrée après avis de la commission départementale de vidéoprotection. Des panneaux d’information signaleront clairement la présence des caméras. Seuls les espaces publics seront filmés – il est hors de question de filmer les habitations ou les espaces privés des riverains.

Point important : les images ne sont pas visionnées en continu. Elles ne sont consultées qu’en cas d’incident avéré, et uniquement par les autorités habilitées (police, gendarmerie) dans le cadre d’une réquisition judiciaire. La commune ne dispose d’aucun accès libre aux enregistrements. Les images sont conservées pour une durée limitée fixée par l’arrêté préfectoral (30 jours maximum selon la loi), puis automatiquement supprimées.

Une consultation des habitants sera organisée avant toute mise en œuvre. D’autres zones pourraient être équipées à terme, notamment les points d’apport volontaire (recyclage), régulièrement victimes de dépôts sauvages.

Sécurisation des cheminements piétons

Trois chantiers prioritaires ont été présentés :

  • Le trottoir de la route de Lucinges (550 mètres, de chez Dégradage à Perret) : actuellement en mauvais état, enherbage important, dangereux pour les personnes à mobilité réduite. Nous proposons un enrobage pour le rendre praticable toute l’année.
  • Le cheminement entre l’église et le parking de l’Agora : trottoir insuffisant face au passage de l’école, situation dangereuse pour les enfants.
  • Le Plat de Possy : sentier très emprunté par les promeneurs et sportifs, trop étroit pour se croiser à deux. Déjà proposé en 2014 et en 2020, jamais réalisé. Didier s’est engagé : « Si on est élu, le Plat de Possy sera fait. » L’étude et la concertation seront menées durant la première moitié du mandat, avec un lancement des travaux prévu en seconde partie de mandature.

Mobilité douce

Deux projets concrets :

  • Piste cyclable : lancer une étude de faisabilité et une consultation citoyenne pour identifier un itinéraire sécurisé. Avant tout investissement, nous voulons connaître les options réalistes, les coûts et les possibilités de financements extérieurs (agglomération, département, fonds mobilité douce). C’est un projet qui se prépare durant les trois premières années du mandat, avec un lancement des travaux envisagé en seconde partie de mandature, dans les meilleures conditions et sans grever le budget communal.
  • Parking de covoiturage : en bas de la côte de l’Essage, sur un terrain communal, pour faciliter l’accès au bus et au Léman Express (CEVA).

Vie scolaire et périscolaire

  • Centre de loisirs : créé récemment mais sous-utilisé (pic de 16 enfants sur 28 places). Le système d’inscription, jugé trop compliqué, sera revu, ainsi que les coûts.
  • Parking de l’Agora : saturation aux heures de sortie d’école (210 enfants). Un simple redécoupage des places permettrait d’en gagner 10 à 13.
  • Café Parents : instaurer un rendez-vous régulier à l’école, dans l’esprit des « cafés des parents » qui existent déjà dans de nombreuses communes françaises. Le principe : un temps convivial, libre d’accès, où les parents peuvent se rencontrer, échanger entre eux et avec l’équipe éducative. Au-delà du simple moment de convivialité, ces cafés sont de véritables espaces de co-éducation : on y aborde des thématiques concrètes – les écrans, le sommeil, la rentrée, le harcèlement scolaire, les activités du village – et des professionnels (psychologues, éducateurs, intervenants associatifs) peuvent être invités selon les sujets. L’objectif : renforcer le lien entre les familles et l’école, libérer la parole et permettre aux parents de s’épauler mutuellement.
  • Micro-crèche : installation d’une marquise et d’un banc pour le confort des parents qui attendent à la porte.
  • Parc de jeux de l’Agora : fréquenté par plus de 200 enfants, il a besoin de toilettes sur place pour éviter les allers-retours dangereux jusqu’à la mairie.

Environnement et cadre de vie

Bertrand Charrière et Karl Morel ont détaillé les propositions :

  • Chemins forestiers : mettre en place des constats avant/après exploitation pour s’assurer de la remise en état par les exploitants.
  • Village fleuri : relancer l’initiative avec des prairies fleuries sur les terrains communaux, des arbres fruitiers, et des ateliers pédagogiques avec les enfants de l’école.
  • Poiriers traditionnels : replanter les poiriers qui bordaient autrefois la route de Lucinges. Didier a projeté un film de 1952 montrant le village recouvert de fleurs blanches au printemps – « le côté nostalgie, mais c’est joli ».
  • Ruisseaux : continuer le travail remarquable mené par Patricia Charrière et son association pour le nettoyage participatif des ruisseaux de Lucinges. Cette initiative, qui associe habitants et enfants dans des ateliers en pleine nature, fait partie de ce qui rend le village vivant. Si l’association ne peut pas poursuivre sous sa forme actuelle, nous nous engageons à en recréer une, en lien avec la mairie, pour que cette belle dynamique ne s’arrête pas.
  • Sensibilisation à la nature pour tous les âges : organiser des ateliers pédagogiques pour apprendre aux enfants pourquoi il est important de réarborer, comment un arbre grandit, quel rôle il joue pour la biodiversité et le climat. Un projet concret portera cette démarche : planter des arbres dans la cour de l’école pour y créer de l’ombre, avec les enfants eux-mêmes – une façon d’apprendre en faisant, et de laisser à chaque génération d’écoliers un souvenir vivant de son passage à l’école de Lucinges. Côté adultes, des ateliers pratiques seront proposés autour de la taille des haies : apprendre les bonnes périodes, les bons gestes et les essences à privilégier pour protéger la faune locale (oiseaux nicheurs, hérissons, insectes pollinisateurs). Parce que préserver la biodiversité, ça commence aussi au fond de son jardin.
  • Déchets : augmenter la fréquence des collectes de cartons, installer caméras et éclairage solaire aux points d’apport volontaire.

Culture

Barbara Lemmo Gaud a présenté un programme culturel ambitieux :

  • Poursuivre le travail autour du livre d’artiste et de l’héritage de Michel Butor.
  • Développer des ateliers intergénérationnels (modelage, sculpture, dessin, peinture).
  • Organiser des expositions d’amateurs et de professionnels.
  • Proposer des conférences sur le patrimoine, la musique, la cuisine.
  • Créer un « orchestre éphémère » rassemblant les musiciens amateurs du village.
  • Mettre en place une boîte à idées pour recueillir les propositions des habitants.

Santé : un projet de maison de santé

En Haute-Savoie, la sénatrice déclarait en 2023 une pénurie de 1 800 professionnels de santé sur le département – soit un médecin pour 1 400 habitants. À Lucinges, l’accès aux soins est un enjeu majeur.

Notre proposition : réhabiliter le chalet Rivoire pour y installer une maison de santé, avec des loyers attractifs et une aide à l’aménagement. Les trois premières années du mandat seront consacrées à l’étude du projet, au montage des dossiers de subventions et à la concertation avec les professionnels de santé du territoire, avec un objectif de lancement des travaux en seconde partie de mandature. Le lieu ne serait pas nécessairement réservé à des praticiens installés à temps plein : il pourrait fonctionner comme une permanence partagée, accueillant à tour de rôle des médecins, kinésithérapeutes, infirmiers ou autres professionnels de santé qui ont leur cabinet dans la vallée (Annemasse, Bonne, Cranves-Sales…) et qui assureraient des consultations régulières à Lucinges. Un modèle souple, adapté à la réalité d’une commune rurale, qui permet aux habitants d’accéder à des soins de proximité sans exiger l’installation permanente d’un praticien.

Barbara Lemmo Gaud a consulté Guillaume Dessard, pharmacien à la Bergue et vice-président de l’association CPTS Nord 74 (58 communes, 200 000 habitants). L’association nous confirme que Lucinges a toutes ses chances pour attirer des professionnels de santé – grâce à l’attractivité du village, la fibre optique disponible et un emplacement accessible.

Ce lieu pourrait aussi servir de stockage pour les associations, dont le matériel est actuellement entreposé dans des conditions insalubres sous la mairie.

Wi-Fi public

Face aux problèmes de réseau téléphonique au centre du village (Didier a raconté les difficultés pour appeler le 15 lors d’un accident récent), nous proposons l’installation d’un réseau Wi-Fi public.

Urbanisme et PLU

Viviane Mouchet, forte de son expérience de deux mandats et de sa participation à la modification du PLU en 2019, a rappelé que le PLU actuel « tient assez bien la route ». Des ajustements mineurs pourraient être nécessaires, sans révision complète.

Ses priorités : tenir compte des infrastructures existantes avant de densifier, préserver le patrimoine bâti et architectural, favoriser la diversité de l’habitat (individuel, mixte, logements accessibles pour les jeunes), et rester vigilant face aux excès des promoteurs grâce aux OAP (Orientations d’Aménagement et de Programmation).

Finances : transparence et maîtrise

Matthieu Sarton, conseiller municipal sortant, a présenté l’état des lieux financier de la commune, en s’appuyant sur les données publiques de la Direction Générale des Finances Publiques :

  • Endettement élevé : bien supérieur à la moyenne des communes de taille similaire. 550 000 € payés en intérêts bancaires sur la mandature, sans rembourser le capital.
  • Taxe foncière : la charge fiscale par habitant a augmenté de 32 % sous la mandature actuelle.
  • Transparence insuffisante : de nombreuses décisions municipales ne mentionnent pas leur coût financier.
  • Dépenses contestées : plates-bandes à 17 000 €, remplacement des fauteuils de la salle du conseil, envoi de 5 conseillers municipaux pendant 3 jours au Congrès des Maires à Paris.

Nos engagements :

  1. Renégocier la dette et s’engager à la réduire de moitié sur le mandat. Matthieu a rappelé son expérience de 20 ans en trésorerie et financement dans un groupe de 19 milliards d’euros.
  2. Ne pas augmenter le taux communal de la taxe foncière, avec une baisse envisagée.
  3. Réduire le nombre d’élus indemnisés : 9 élus indemnisés actuellement, contre 3 ou 4 historiquement. Nous reviendrons au mode antérieur.
  4. Indiquer le coût financier de chaque décision dans les procès-verbaux du conseil municipal.

Clôture et verre de l’amitié

Didier a conclu la soirée en ouvrant la parole au public, puis en citant Saint-Exupéry :

« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. »

« C’est la vraie réalité de notre liste : on pense à la jeunesse. »

Les échanges se sont poursuivis autour d’un verre de l’amitié, avec les biographies de chaque candidat affichées sur les murs de la salle.

Merci à toutes les personnes venues hier soir pour leur présence !

Le 15 mars, votez Lucinges Autrement.

Le programme complet est disponible en téléchargement sur notre site : Programme Lucinges Autrement (PDF)